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mardi 5 janvier 2016

片思い - Kataomoi.


Tu me manques. Assassine, cette pensée n'a de sens
Que dans le reflet morne et gris de ton absence
Où chaque jour, seule, éperdue, je me dessine,
Arabesques grotesques en lettres de néant,
Tracées d'une main molle sous laquelle on devine
Les chagrins et les peines en mon âme séants.
Ce silence infini qui ne s'achève pas
M'offrira-t-il l'appui qui me relèvera ?
Percera-t-il à jour, infortunés symptômes,
Ces mots que je ne puis désormais énoncer ?
Grotesque et hésitant, pourquoi bouge-t-il encore,
Ce pastiche d'humain aux formes équivoques,
Malhabile, suffoquant, qui, las, me sert de corps ?
Faut-il toujours qu'il y ait dans ma vie des fantômes,
Dans mon cœur des bourreaux, pour me faire avancer ?
Et si l'on considère ce que l'amour provoque,
Alors suis-je vouée à souffrir plus encore,
Pour atteindre ces sphères où, je le subodore,
Ma conscience se perdra en d'autres univers,
Par-devers eux passera les portes de l'enfer.
Et lasse et harassée, je soufflerai sans voix,
Sans un soupir, que je suis revenue... chez moi.

mercredi 4 mars 2015

L'envol des papillons.


Tout ça n'était qu'un rêve, non la réalité ?
Or, de battre, mon cœur, soudain s'est arrêté.
Les papillons, déjà, ont-ils été tués
Ou de mon estomac se sont-ils échappés ?

Cette demande, ma foi, je l'aurai respectée :
Ce soir-là, aucune larme n'aura été versée.
Elles guettaient, infidèles, que je fus en sommeil
Pour sortir et répandre leurs salés appareils.

Lui retourner les mots qu'il m'a dit est-ce cela
Qu'il attend ?
Les entendre à son tour ouvrira-t-il ses yeux ?
Et dois-je y voir encore ma bêtise infinie
Car peut-être est-ce moi qui n'y ai rien compris.

Comme je contemple au loin les papillons, joyeux,
Virevoltant,
Toujours plus nombreux ils reviennent par delà
La raison, me rappeler cet amour infini
Pour ce monde, pour moi-même et lui que j'ai choisi.

vendredi 21 novembre 2014

Uplifting Issue


A aimer sans bonheur, mon cœur s'arrête de battre.  
Lutter n'a pas de sens, la résistance est vaine.   
Las, ma raison se meurt et moi de me débattre,  
Aux larmes, humides essences, on perçoit ma déveine.     

Il me faut expurger du plus profond de moi  
Ces pensées assassines qui trahissent mes limites.  
Comment puis-je songer à tromper ces émois  
Qui sous couvert d'houssines, à mes joies concomitent ?     

Y penser me détruit tout comme l'inaction.  
Des deux calamités, je choisis la plus douce :  
Continuer de rêver faute de solution,  
Voir ce que je construis, non ce qui me repousse.      

Il me reste les mots, compagnons et bourreaux,  
Qui se couchent invertueux sur ces lignes insolentes,  
Fustigeant tant les maux de leurs lettres violentes  
Qu'on aperçoit entre eux de mon cœur les barreaux.

Vulnerability

Ce que le vent charrie
Et que la mer emporte
Contreforts douloureux d'une peine viscérale
Devient au fil des jours rien de plus que l'écume.
Un souvenir, toujours, à l'amère fortune
Qui emplit de chaleur la beauté hivernale.

mardi 4 mars 2014

Ballade (Laura J.)

Me lassant d'admirer les façades haussmanniennes
Et le style ampoulé des salons de bourgeois,
Je marchai plus avant sur les traces d'un chat
Fuyant continuellement mes avances gracieuses.

La bête fila enfin, noble quête audacieuse,
Pourchassant les crevettes d'un poissonnier distrait,
Volant à la sauvette l'objet de ses attraits,
Puis du juste festin se reput ce tire-laine.

Je poursuivis ma route dans le soir de Paris, 
Regardai, qui s'encroûtent, les pigeons gros et gris
Se dandiner, replets, citadins animaux.

Cette nuit la ville se mut au rythme de mes pas
Et si j'errai sans but, sans boussole ni compas,
J'en fis le tour complet, guidée par quelques mots.

jeudi 27 février 2014

Idiotisme

Toi qui de mon désir n'a perçu que l'audace,
Toisant sans le saisir l'aperçu que j'en trace,
Ne crois pas tout comprendre et laisse-moi écrire
Pour ne point te méprendre ce qu'il m'en faut décrire.

Si cette rencontre garde de son nom la mémoire,
Je ne vois plus les autres ni, las, ne peut le voir.
Les seuls que je regarde trahissent son absence
Or mes yeux, pieux apôtres, recherchent sa présence.

Dans un geste, une posture, la forme des visages,
Simulacres obscurs qu'en vain je dévisage,
Je le retrouve à peine et pourtant m'en délecte.

Et l'on aura beau dire qu'il me faut rester sage,
Je préfère m'esbaudir des malicieux mirages
Que sans fin met en scène mon charmant idiolecte.

mercredi 26 février 2014

Hiru mo yaya...

Je pourrais discourir sans fin sur la question
Ou vouloir mener à bien quelque expédition
De recherche, de soutien, enquêtes superflues
Dont toutes les conclusions vers le même point confluent.

Je veux le rencontrer, pouvoir sentir son corps,
Être subjuguée par ses contours et ses ors,
Laisser son sourire me transporter d'allégresse
Et sa voix me charmer, tessiture enchanteresse.

Toi qui nous voit d'en haut, partageant le même ciel,
Peux-tu lui dire ces mots ou confirmer si elle
Comprendra mes propos, cette personne que j'attends ?

Je soupire en rêvant, Lune, ne te gausse pas
De ces émois naissants, toi dont l'orbe agrippa
Tous mes regards aimants devers toi en son temps.